Atteintes à sa vie de Martin Crimp

Dès la première lecture, Atteintes à sa vie frappe par son originalité et la force de son propos.

En dix-sept tableaux, la pièce raconte la vie d’une femme nommée Anne, Ania, ou Anny. Elle est le centre de la pièce, sans en être un personnage à proprement parler, et pourrait être incarnée en vidéo, en chair, ou totalement absente.

Cette « biographie » nous est contée par un nombre indéterminé de personnages dont nous ne savons rien.

En effet, une suite de dialogues sans aucune indication de rôles constitue les différents textes, ils pourraient aussi bien être joués à deux qu’à 25…

Ces personnages pourraient être journalistes, auteurs/rices de théâtre, metteurs/ses en scène, publicitaires, politiciens/iennes; toute personne qui serait amenée par son travail à rendre compte de la réalité ou à la fabriquer.

Ils pourraient aussi être n’importe lequel d’entre nous…

Pour ces anonymes, Anne est tour tour artiste, terroriste ou encore mère Teresa. Mais qu’en savons-nous vraiment?

En terme de mise en scène, la seule indication suggérée par l’auteur précise que « la composition de la troupe d’acteurs devrait refléter la composition du monde, au delà du théâtre »…

Mais la forme narrative très particulière et musicale d’ Atteintes sa vie invite elle aussi à tous les styles de représentations : théâtre, vidéo, comédie musicale, chanson, danse…

Cette pièce hors du commun nous permet de mesurer les contractions et contradictions de notre monde globalisé et ses effets, ces atteintes sur l’identité.

À la fois burlesque, étrange, grave et surréaliste, on y parle d’amour, d’amour de son prochain, du regard des autres, de violence, et du cynisme de notre société.